[…] Dans le monde des mégapoles, les modèles de regroupement entassent les humains en les forçant à circuler férocement, ébahis, assommés. La ville est le lieu de production de l’angoisse humaine. […] Les villes sont des espaces qui ne créent pas d’identités singulières, mais de la solitude et de la similitude. Ce sont des espaces gouvernés par l’actualité et l’urgence du moment. Marcelo s’approprie dans un clic les nouveaux paradigmes de la déconstruction de l’humain pour se poser la question de comment survivre, résister et traverser la grande ville où la solitude abstraite devient concrète. […] L’œil moderniste de Reis se prête à l’observation ethnologique où le photographe ouvre le chemin vers les espaces vides (encore possibles) de la ville, creux de non-existence où se projètent un monde de passage, éphémère, un monde aux identités fluides. Pris d’assaut par les images diffuses, Marcelo nous montre les espaces de consommation de la nature humaine, les lieux où des êtres humains circulent en essayant de trouver une logique à la vie urbaine. Par anticipation, Reis suggère la ligne de fuite d’un horizon urbain concret, rempli de gratte-ciel. Ses photos sont des idéogrammes plus ou moins explicites et codifiés. Ce sont des visions partielles, instantanées, additionnées confusément comme dans un puzzle où les pièces ne s’emboîteraient pas. À travers celles-ci, nous essayons de rassembler des morceaux de nous-mêmes, d’autres « nous » oubliés, perdus, délaissés… […] La vie moderne va de plus en plus vite, l’homme moderne est de plus en plus rapide parce qu’il sait de moins en moins vers où il va. Quand il dénonce cette solitude déconcertante, Marcelo Reis nous interroge. À travers les images, il construit des itinéraires de vides infinis et d’horizons possibles […]. Marinilda Lima, anthropologue
| Né en 1972 à Salvador de Bahia, Marcelo Reis est photographe depuis 1990. Il devient enseignant en 1997 et fonde, un an plus tard, la Casa da Fotografia, aujourd’hui l’une des principales institutions privées de promotion de la culture photographique à Bahia. Il commence à exposer en 1997 dans diverses galeries, musées et centres d’art à Salvador et au Brésil, à exemple de l’Institut Gœthe de Bahia et du Salon ARTE Pará dans la ville de Belém. Son travail personnel se développe autour de deux axes, parfois antagoniques, parfois analogues, en couleur et en noir et blanc. Le premier suit une approche documentaire sur le folklore des régions Nord et Nordeste du Brésil. Le second, en noir et blanc, intitulé Rites de silence, constitue une recherche plus visuelle et plastique autour d’aspects communs du quotidien.
contact : cameraclara@yahoo.com.br
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