| Ville narcissique ayant enchanté depuis toujours toutes sortes d’artistes natifs ou étrangers, Rio fut aussi la matrice pionnière de la photographie brésilienne. Grâce à cette production de première heure, due en grande partie à l’appui de l’empereur Don Pedro II, lui-même photographe et grand collectionneur, Rio est l’une des rares villes brésiliennes à posséder aujourd’hui une mémoire visuelle attestant autant l’évolution de son paysage urbain que du talent des photographes du XIXe siècle. S’inspirant de ce précieux fond photographique, Cesar Barreto parcourt les sentiers autrefois empruntés par ses aïeuls. Muni d’une chambre grand format semblable aux appareils d’antan, il produit des images très riches en information, non seulement par ce qu’elles montrent mais aussi par ce petit «plus» indéfinissable qui se trouve dans le dialogue que celles-ci entretiennent avec les paysages des maîtres du XIXe siècle. Comme tous les cariocas*, Cesar Barreto aime sa ville par-dessus tout. Photographier Rio est donc pour lui un plaisir et un devoir à la fois: «Je veux composer un portrait de la ville qui montre l’intégration dynamique entre l’homme et la nature, mais aussi un portrait qui traduise de manière fidèle la fierté et l’affection que lui portent les cariocas. Je cherche à produire des photos informatives qui possèdent un caractère fortement personnel. Ce serait, si l’on veut, une documentation émotive.» *Cariocas – habitants de Rio de Janeiro. | Cesar Barreto
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