| Numo Ramos est né en 1968, à Araruna, village situé à l’intérieur des terres dans le Nordeste du Brésil. Il vit aujourd’hui à Natal, capitale de l’État de Paraíba. Sa série Humains a été élue « meilleur portfolio » lors du Festival Fotoarte de Brasilia, et a reçu en 2005 le Prix Porto Seguro Brasil. Bien qu’il reste très discret sur son succès en tant que photographe, l’on sait aussi que ses photos furent publiées en Suède, Portugal et Allemagne. Quant au local où Humains fut réalisé, Numo ne désire pas le dévoiler car « la douleur humaine n’a pas de frontières». « Le Nordeste brésilien abrite 28 millions d’habitants, mais cette population est ignorée par le reste du Brésil, sauf lorsqu’on a besoin de données statistiques. Pour des raisons extérieures à ma volonté, j’ai dû quitter le Nordeste assez tôt. J’ai vécu dans d’autres régions du Brésil où j’ai pu rencontrer des Nordestins qui, comme moi, étaient partis en quête d’une meilleure situation. Les visages changeaient, mais pas les rêves. En 1991 je suis parti vivre au Portugal, où, trois ans plus tard, je me suis intéressé à la photographie. Je savais dès le début ce que je voulais imprimer sur la pellicule, mais il me fallait apprendre comment le faire, comment traduire mon expérience vécue dans ce langage. Ce que j’ai fait en autodidacte.Le Brésil s’est toujours présenté à moi comme un géant à la fois indulgent et hostile. C’est cette image qui m’a fait envahir son territoire – et aussi m’évader – à la recherche de ma propre identité. | La photographie a été dans ce sens une grande alliée. Elle m’a appris à observer et à réfléchir à la manière “d’apprivoiser” ce géant La réponse est pourtant simple, il suffit d’assumer notre véritable identité, pratiquer notre “brésiliennité”, apprendre à vivre avec la différence, et à devenir partie intégrante de toutes les différences qui déterminent et constituent notre identité. Aujourd’hui j’essaie d’enregistrer de manière très personnelle ce à quoi je crois. Je photographie ce que je ressens et non ce que je vois. Je ne cherche pas à satisfaire la curiosité d’un certain public, à documenter des faits ou à meubler les galeries avec des objets de collection. Agir pour une société plus juste me semble au-dessus de toutes les formes d’expression. Tout doit être subordonné à cela. Croire dans une humanité plus juste est un vieux rêve, mais j’y crois. La série Humains réaffirme la condition sociale de l’homme en ce début d’un nouveau siècle où s’explicite l’égoïsme d’un extrait social qui détient la force économique du monde, et qui cherche à faire tomber uniquement les frontières économiques. Il n’existe aucune conscience active, aucune cohésion contre certains faits qui dessinent aujourd’hui le profil de l’humanité. Tout se présente sous forme de fragments. Il est donc nécessaire non seulement de croire mais aussi de s’exercer à un monde meilleur. » [Numo Ramos] Contact : numorama@hotmail.com |